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Le perroquet autonome


par Johanne Vaillancourt


 

Le conure, un perroquet autonome.

Mon perroquet hurle dès que je quitte la pièce et qu’il ne me voit plus.... Mes voisins se plaignent que mon perroquet crie pendant des heures lorsque je quitte la maison... Mon perroquet ne veut pas rester à sa cage. Il demande toujours à être dans mes bras, sinon il hurle comme un diable jusqu’à ce que je le prenne avec moi... Mon perroquet ne veut pas jouer seul avec ses jouets. Je dois toujours jouer avec lui sinon il jette ses jouets par terre... Mon perroquet n’accepte de nouvelles nourritures que si je les lui tiens entre les doigts pour qu’il les mange... et patati et patata... Je crois que mon perroquet manque d’autonomie...!

Voilà "ZE" sujet, celui qui revient très fréquemment lorsqu’on m’écrit ou qu’on me parle de son perroquet. À ce point, je ne sais pas si le terme autonome est de mise… Dans tous les cas ci-haut mentionnés, je crois que le perroquet est très autonome et qu’il sait exactement ce qu’il veut et comment l’obtenir. Ce qu’il veut ici... c’est votre compagnie ou du moins, connaître votre localisation en tout temps et si possible, vous faire revenir auprès de lui.

Le mot autonome vient de autonomos "qui se régit par ses propres lois", de nomos "loi". Philosophiquement, autonome se définit par "droit pour l’individu de déterminer librement les règles auxquelles il se soumet" (Petit Robert). Donc, un perroquet qui agit de la sorte ne manque sûrement pas d’autonomie. Il en fait mauvais usage, ce qui est tout à fait différent. S’il n’a pas appris à occuper son temps tout seul par des périodes de jeux libres, si ses seules interactions avec l’humain se sont toujours résumé à "se faire prendre avec" ou se faire cajoler, s’il n’a jamais eu la possibilité de faire des explorations, que ce soit alimentaire ou environnementale (de son milieu), son seul d’émotivité sera très, très bas – il se raccrochera inévitablement à ce qu’il considère sécuritaire, à ce qu’il connaît, ne cherchant pas à se sortir de ce moule qui lui convient parfaitement, c’est-à-dire, en refusant toutes nouveautés, quelque en soit la forme.

Le perroquet n’est malheureusement pas devin et rien dans son bagage génétique ne le prépare à agir ou réagir adéquatement dans un environnement qui n’est pas celui de ses ancêtres. Il ne peut donc qu’interagir avec vous comme il l’aurait fait avec un compagnon de son espèce dans la nature. Un perroquet qui se comporte de cette façon est tout simplement régi par un instinct grégaire très de base et confirmé dans ses actions par les réponses de son humain. Le besoin de présence, d’un compagnon constant n’est pas un comportement anormal chez le perroquet, sauf exception d’espèce; il est programmé pour fonctionner à deux ou plusieurs, mais jamais seul. Ce n’est pas du manque d’autonomie, mais de la programmation génétique. C’est l’absence de socialisation qui lui fait cruellement défaut…

Le perroquet est grégaire et interagit avec vous.

C’est pourquoi l’oiseau aura besoin de guidance pour bien évoluer dans la vie en captivité: il doit apprendre à devenir un bon oiseau de compagnie (c’est le rôle qu’il est voué à jouer pour toute sa vie) en s’adaptant à cet environnement humain dans lequel il devra évoluer. S'il ne s’adapte pas, il passera sa vie dans la confusion et développera des comportements qui ne sembleront fonctionner que pour lui et qui causeront beaucoup de soucis à son humain.

On peut obtenir beaucoup d’un perroquet s’il a le bonheur de comprendre son milieu et ce qu’on attend de lui. Là où le bât blesse, c’est lorsque nos agissements dépassent sa capacité de compréhension. C’est le début des problèmes. Pourtant, il n’est pas difficile de sécuriser un perroquet. Votre médiation lui sera essentielle dans sa socialisation, vous devrez lui apprendre (de façon à ce qu’il saisisse vos explications naturellement...) ce qui se passe concrètement dans son environnement immédiat, que ce soit au niveau des apprentissages alimentaires, d’accessoires (jouets) qui pendouillent aux quatre coins de sa cage, des agissements de son groupe social (famille), et accepter les contraintes qui viennent de série avec la captivité, entre autres que, dans le monde des humains, le concept de compagnon constant est impossible (dur, dur), mais qu’il y a des alternatives.

 

Mon perroquet hurle dès que je quitte la pièce

Le perroquet n’est pas programmé pour vivre seul. C’est un animal grégaire qui fonctionne à deux ou en groupe et qui dépend de son groupe social pour survivre. Il est donc normal pour lui de paniquer dès qu’il n’a plus de contact visuel avec le ou les membres de son groupe (en l’occurrence ici, vous). S’il n’a plus de contact visuel, il utilisera les appels de liaison afin de créer un contact auditif. On peut répondre à son appel de liaison: "O.K., tout va bien. Je suis ici!" pour le rassurer. C’est bien, mais dans la tête du perroquet, où donc se trouve "ici"? Dans bien des cas, il criera alors encore plus fort pour essayer de vous localiser. Parce que dans sa tête, "ici", ce n’est pas une réponse effective et il ne sait toujours pas où vous vous trouvez. Dans la nature, les perroquets s’interpellent en criant (appels de liaison) et la réponse du partenaire est souvent suffisante pour sécuriser l’autre. Mais il ne faut pas perdre de vue que dans leur habitat, les perroquets connaissent parfaitement leur territoire et peuvent situer presque exactement l’endroit de la réponse du compagnon ou des congénères.

Perroquet gris du Gabon en milieu domestique.

Donc, dans un contexte "domestique", il est primordial pour votre oiseau de reconnaître son territoire (votre demeure). Pour ce faire, vous devrez (minimalement) le balader dans la maison, lui faire visiter son territoire pièce par pièce en les nommant (dans le langage humain, le seul que tous les deux serez en mesure d’identifier): le salon... la salle de bain... la chambre... etc. et l’inciter à venir vous rejoindre. Vous répétez ce rituel chaque fois que vous entrez dans une pièce. Par la suite, lorsque vous sortirez de son champ de vision et que votre oiseau hurlera pour tenter de vous localiser, vous n’aurez qu’à lui répondre: "O.K., tout va bien. Je suis dans la chambre ou le salon, etc." L’oiseau, dans bien des cas, saura se satisfaire de cette réponse concrète, claire et, surtout, précise (puisque le son arbitraire "salon" aura acquis une signification pour lui). Il sait où se trouve la chambre ou le salon; il connaît maintenant son territoire (puisque vous l’avez parcouru avec lui) et, s’il le désire, il viendra simplement vous retrouver… en autant bien sûr qu’il ait envie de votre compagnie et qu’il ait la possibilité de vous rejoindre (qu’il ne soit pas enfermé dans sa cage ou les plumes de vol sévèrement taillées). Vous ai-je déjà dit qu’un perroquet qui peut se mouvoir à son aise aura moins tendance à crier?

 

Perroquet qui crie et qui a de la voix: le conure soleil!

Mon perroquet crie lorsque je quitte la maison

Même dynamique encore une fois. Pas de contact visuel, recherche du contact auditif... Pas de réponse... panique! Pour votre perroquet, vous disparaissez totalement lorsque vous quittez la maison, et il ne peut admettre d’être ainsi abandonné. Le perroquet demande à comprendre ce qui se passe dans son territoire et au sein de son groupe social. Lorsque vous quittez la maison, l’oiseau ne sait pas où vous vous trouvez ni si vous êtes disparu pour toujours. Il est inquiet, car sa survie et sa sécurité sont directement reliées à vous.

Par bonheur, contrairement aux chiens, les perroquets ont une certaine notion du temps et ne demandent qu’à être informés quant à la durée de votre absence. Il n’est pas nécessaire d’expliquer à l’oiseau que vous partez à l’épicerie parce qu’il n’y a plus de sucre dans la maison et que vous en avez besoin pour faire votre gâteau. Ce genre de détail l’indiffère complètement. Il ne veut pas savoir où vous allez ni pourquoi. Il veut savoir combien de temps vous serez hors de portée et avoir la certitude de vous revoir. Il est donc nécessaire d’introduire l’oiseau à une notion du temps simple qu’il comprendra aisément et qui le rassurera quant à votre retour.

Les perroquets peuvent anticiper les situations connues (qui se sont répétées plusieurs fois auparavant). Vous quittez pour peu de temps (à l’intérieur de la demi-heure), vous dites: "Je vais faire une course". Cet énoncé veut dire qu’il peut espérer votre retour sous peu. Par contre, si vous partez au travail ou faire du shopping toute la journée, vous direz: "Je m’en vais longtemps". Cet énoncé veut dire que vous serez absent pour une longue période de temps et qu’il ne doit pas s’inquiéter, que même si c’est long, vous allez revenir. Vous n’êtes pas obligés d’utiliser mes termes à moi (longtemps /courses). Ce qui compte, c’est de toujours utiliser les mêmes énoncés dans les mêmes situations et de s’en tenir à ces derniers. Si vous dites à votre oiseau que vous allez faire une course (à l’intérieur de la demi-heure), ne vous accrochez pas les pieds en route pour prendre un café avec un copain. C’est la meilleure façon de perdre la confiance de votre oiseau. Les perroquets ne sont pas reconnus pour leur souplesse. Si c’est blanc, c’est blanc, pas jaune. "Course" c’est "course", pas "longtemps". Si vous ne respectez pas l’énoncé, votre perroquet apprendra à ne plus vous faire confiance et risque de développer beaucoup d’anxiété.

 

Mon perroquet veut toujours être posé sur moi…

…et pourtant il a plein de jouets et une grande cage...

On ne peut certes pas parler ici de manque d’autonomie. Le perroquet sait ce qu’il veut et il a d’ores et déjà établi ses priorités: le couple que vous formez avec lui. Il a besoin de votre présence et il sait vous le communiquer. Pour le perroquet, il n’est pas naturel de s’occuper seul. Dans son habitat naturel, la plupart des activités quotidiennes se déroulent à deux ou plusieurs. Il ne fait que transposer ce trait inné de son espèce dans un milieu différent. Ce n’est pas un caprice! Si ce besoin n’est pas comblé, il le communiquera, probablement de la façon la plus efficace qu’il aura apprise au contact de l’humain: hurler.

Dans la plupart des cas, il est facile de constater un manque de socialisation de l’oiseau, ce dernier ayant alors développé un seuil d’émotivité rapidement plafonné. En tel cas, s’il ne sait pas à quoi servent tous ces machins de couleur qui pendouillent partout dans sa cage et si ces objets ne lui sont pas familiers, il risque de les craindre et de ne pas s’en approcher. Un perroquet mal socialisé n’a pas développé sa curiosité (ni sa créativité) par manque d’exploration et de stimulation et, par conséquent, il ne sait absolument pas comment jouer et/ou s’occuper tout seul, a peur de se mouvoir et refuse catégoriquement d’explorer la nouveauté.

 

Perroquet gris d'Afrique  qui n'attend pas!

Attendre ne fait pas partie du vocabulaire-perroquet

Attendre et s’occuper en solitaire ne fait pas partie du bagage génétique du perroquet. Ce ne sont pas des comportements naturels pour lui (lire "tout de suite"). Il doit tenter d’adapter ces situations inconnues et inexplorées à sa condition d’animal très grégaire. Il aura absolument besoin de votre médiation pour arriver à apprivoiser ces contextes, pour adapter ses attitudes innées + + grégaires, qui sont contradictoires à ces concepts.
L’oiseau ne développera pas l’aptitude à organiser ses activités en solitaire. Dans la nature, un perroquet est toujours en interaction avec d’autres membres de son groupe et n’attend jamais après rien. S’il veut quelque chose ou aller quelque part, c’est tout de suite. Il ne sait pas patienter!

La "domesticité" lui impose de passer la majeure partie de son temps seul et en situation d’attente. Attendre qu’on le sorte de la cage, attendre qu’on lui serve sa nourriture, attendre qu’on lui porte attention….Attendre... Attendre... Attendre... C’est donc un minimum qu’on lui enseigne à le faire dans la joie et la bonne humeur.

Comme les notions d’activité solitaire ou d’attente sont (naturellement) inconnues du perroquet, chaque fois qu’on l’ignore ou qu’on n’a pas le temps d’interagir avec lui, il ne comprend pas et, à la limite, en fait une affaire personnelle. Il se servira alors de vocalisations pour tenter d’obtenir un peu d’attention. Si l’oiseau n’a pas appris à s’occuper tout seul, s’il ne sait pas attendre, ce comportement sera donc normal (et correct) pour lui. Il a compris que le meilleur moyen pour attirer l’attention était de crier et c’est l’humain par son attitude qui lui a donné raison d’agir ainsi. Ce qu’il faut, c’est que Coco à gérer son autonomie, à patienter, à s’occuper tout seul, et ce, sans qu’il ne le prenne personnel... Ouf!

Première chose, apprendre à utiliser ses jouets. Il ne suffit pas de déposer un objet à ses côtés pour que l’oiseau en connaisse l’utilisation. Il faut introduire le nouveau joujou en jouant avec lui, en le lui faisant toucher, mâchouiller ou en lui enseignant comment s’en servir si c’est le jouet est complexe. Dès qu’il en aura compris le principe, il saura comment l’utiliser et avec l’expérience (que nous souhaitons bonne), il développera une saine curiosité pour d’autres jouets ou objets que vous lui présenterez ultérieurement et il cultivera son goût à apprendre.

 

Un concept simple: Je suis occupé

Maintenant qu’il connaît l’utilisation du jouet pour se divertir, il doit maintenant apprendre à le faire seul pour ces moments (si nombreux) de la journée où vous ne serez pas disponible pour une interaction directe avec lui. Si vous devez faire une activité et que vous n’avez pas le temps de vous occuper physiquement de votre oiseau (ce qui arrive invariablement chaque fois que le perroquet a envie de recevoir de l’attention, du moins, selon son point de vue), vous devrez le préparer à s’occuper tout seul avec ses petites affaires.  

Vous installez votre perroquet dans un endroit où, de préférence, il peut vous voir, et vous l’entourez ses jouets préférés (à grignoter, pour fourrager ou interactifs), vous le regardez dans les yeux et vous dites: "Maintenant tu vas t’amuser tout seul, je (votre nom) suis OCCUPÉ" en mettant l’accent sur le mot occupé. Puis vous tournez les talons et vous vaquez à vos occupations. À partir du moment où vous avez dit le mot OCCUPÉ, vous ne voyez ni n’entendez plus l’oiseau. Qu’il crie, qu’il vienne vers vous, qu’il tente de s’agripper à votre pantalon, vous ne lui accordez aucune attention. Vous le ramenez doucement vers ses jouets, sans le regarder dans les yeux (ce qui est une forme puissante d’attention). Vous répétez: "Je suis OCCUPÉ" et vous retournez à votre besogne.

Gris d'Afrique apprenant à s'occuper seul, par lui même dans ses activités propres.

La première fois, vous êtes OCCUPÉ trois minutes, puis la fois suivante cinq minutes, ensuite dix ou vingt minutes. Puis, lorsque vous avez terminé ce que vous aviez à faire, vous revenez vers Coco en énonçant "O.K. J’ai FINI" et vous recommencez à jouer avec lui, à lui parler, bref, à lui donner de l’attention.

Avec de la constance dans les énoncés et la répétition, le perroquet apprendra très rapidement le sens du mot OCCUPÉ, et il pourra anticiper qu’après ce sera FINI et que vous allez revenir vers lui. Le message qu’il recevra à ce moment sera: "Je n’ai pas le temps de jouer avec toi, mais ce n’est pas parce que je t’exclus, que je t’abandonne". Si le perroquet comprend ce qui se passe et ce qu’on attend de lui, il se sentira membre à part entière de son groupe social et acceptera cette façon de faire comme étant quelque chose de tout à fait naturel.

Puis, lorsque vous serez certain que l’oiseau a vraiment compris le sens de l’énoncé OCCUPÉ, vous pourrez recommencer à avoir des contacts auditifs (lui parler) ou visuels (le regarder) avec lui, sans qu’il ne s’attende à un contact physique (le prendre avec vous ou le caresser) de votre part. Comme il comprendra bien la situation, il n’en sera pas frustré. Pour lui, c’est une nouvelle forme d’interaction tout simplement et il se sentira parfaitement à l’aise avec ce concept. À ce moment, vous pourrez interagir à distance avec des jeux qui ne demandent pas de contact direct avec de lui.

Gris d'Afrique faisant un jeu de couleurs.

Ex: Si l’oiseau sait reconnaître des couleurs, vous disposez plusieurs jouets de couleurs différentes sur la table et, à distance (tout en vacant à vos occupations), vous jouez à: va chercher … les jouets rouges … les jouets vertes … tout en l’encourageant verbalement. Vous aurez ainsi les mains libres pour vaquer à vos occupations, tout en donnant à Coco l’impression de lui offrir tout votre temps.

Guider votre perroquet dans ses apprentissages (autant sociaux que ludiques) demeurera toujours un plus dans votre relation. Il n’est pas rare, lorsque je travaille à mon bureau, de voir mes oiseaux s’affairer à des jeux de couleurs ou de formes, seuls ou à deux en interaction avec moi, ou du moins, avec ma voix. Souvent un simple bol et une balle occupent un perroquet dans une partie de basket-ball endiablée, sans que je n’aie eu à toucher la balle une seule fois, et deux bols et quelques petites billes peuvent occuper un oiseau pendant presque une heure avec les demandes "prends et dépose" les billes d’un bol à l’autre. À ce moment, le perroquet "prend" les billes du bol de droite pour ensuite les "déposer" dans le bol de gauche. Après réussite, récompense (un hourra et un regard complice) de ma part et on recommence, du bol de gauche dans le bol de droite, et vice versa… Vous offrez une attention ambiante à votre perroquet, sans avoir à trop vous mouiller et tout le monde est content!

 

Mon perroquet n’accepte de nouvelles nourritures que si je les tiens dans ma main pour qu’il mange

Le perroquet "domestique" ne sait pas d’emblée ce qui est ou non comestible et, dans bien des cas, il ne sait même pas que ce que ce nouveau morceau de couleur que vous lui offrez dans son écuelle est de la nourriture (dans la nature, les jeunes apprennent par l’imitation du parent qui choisit et ingurgite la nourriture). Il est donc normal, qu’à la présentation d’un nouvel aliment, il ait besoin d’un petit coup de pouce de votre part – vous en mangez devant lui (vous serez alors de modèle), vous en offrez à votre enfant ou votre conjoint, qui naturellement accepte cette offrande de bon cœur (l’oiseau reçoit ainsi un renforcement indirect) et vous en offrez à Coco qui, par imitation, aura peut-être envie d’essayer lui aussi. Par contre, une fois l’aliment connu, savouré et apprécié, il n’y a pas de raison de continuer à le tenir entre vos doigts pour que l’oiseau le mange. Un aliment connu doit aller dans l’écuelle afin de ne pas instaurer de mauvaises habitudes. Ce genre de comportement n’est pas le seul fait des perroquets, plusieurs animaux domestiques agissent de la sorte lorsqu’on laisse ce genre de comportement se ritualiser. Je n’ai qu’à penser au petit bichon Maltais de ma mère qui refuse toute forme de nourriture qui ne provient pas des mains de son humaine chouchou, incluant les aliments très odorants telles les viandes et volailles…

Caïque à tête noire explorant un aliment.

Il est important d’encourager l’oiseau à consommer divers aliments de textures et de couleurs tout aussi différentes le plus rapidement possible dès son arrivée dans votre maison, et ce, peu importe l’âge. Il apprendra ainsi à devenir plus audacieux face à la nouveauté et éventuellement, développera une saine curiosité face à tous ces aliments nouveaux que vous lui présenterez. Si l’expérience fut agréable (et savoureuse), il présentera moins de réticence à goûter de nouvelles saveurs inconnues.

Il est important que l’oiseau apprenne à bien s’intégrer à cet habitat tellement humain si loin de celui de ses ancêtres. Son autonomie passera par la compréhension de son environnement et par son adaptation à celui-ci. Mais rappelez-vous qu’il lui sera impossible de le faire sans votre aide.
L’humain se devra de considérer son perroquet comme un être d’intelligence et d’autonomie qui mérite qu’on le socialise patiemment à son environnement. Il lui fera vivre des aventures stimulantes, certaines agréables et d’autres moins, et lui apprendra à anticiper certaines situations. De plus, il nourrira son sentiment de sécurité, en l’aidant à développer sa curiosité dans le respect de ses instincts.

Le perroquet a besoin de comprendre le monde dans lequel il vit, c’est fondamental. Demeurer dans l’ignorance, c’est vivre dans la crainte. Et la peur expose le perroquet au risque de développer des comportements aberrants dus à l’anxiété. Il devrait être normal pour un perroquet de se sentir à l’aise dans son milieu, dans sa maison.

Un perroquet trop dépendant physiquement et émotionnellement de son humain ne pourra pas s’épanouir. Il ne fonctionnera qu’en répétant inlassablement ces comportements qui vous mèneront à penser qu’il traîne de sérieux problèmes. Ce ne sera pas par manque d’autonomie. C’est seulement qu’il ignore instinctivement comment l'exprimer dans le monde des humains.

 

 

 

© Johanne Vaillancourt 1998 - 2009

 

Photos
Bébé, conure de Finsch, aratinga finschi, Jacques Bélanger
Gayou, gris Timneh, psittacus erithacus timneh, Marie Ducrocq
Coco, gris d'Afrique, psittacus erithacus erithacus, Anne Carré
Conure soleil, aratinga solstitialis, CAJV
Clémentine, gris d'Afrique, psittacus erithacus erithacus, CAJV
Kiwi, gris d'Afrique, psittacus erithacus erithacus, Danielle Debruille-Herr
Clémentine, gris d'Afrique, psittacus erithacus erithacus, CAJV
Bilbo, caïque à tête noire, pionites melanocephala, CAJV